Monsieur le président de la République,

Avez-vous conscience que notre monde connait une révolution industrielle comme il n'y en a pas dix dans un millénaire ?

Les mutations en cours concernent absolument tous les domaines de la société, à travers le numérique, les biotechnologies, l'impression 3D, les nanotechnologies, l'intelligence artificielle, la robotique... Un nouveau monde passionnant se construit sous nos yeux, et nous nous cantonnons à un modeste rôle de spectateur alors que la France a tout pour en être chef de file ! Pire encore, depuis que vous êtes président de la République, vous êtes parvenu à cliver les Français sur des sujets qui n'en valaient pas la peine, vous vous êtes mis à dos les forces vives du pays, vous avez bouté hors de nos frontières un grand nombre de nos talents... Vous vous livrez à des combats d'un autre temps et semblez passer à côté des sujets les plus essentiels pour la France, pour l'Europe, et pour le monde.

Vous misez tout sur l'inversion de cette fameuse «courbe du chômage», en attendant un hypothétique retour de la croissance. Ce n'est rien comprendre aux bouleversements qui sont à l'oeuvre ! Nous sommes en effet au coeur d'une période de transition qui verra forcément s'accélérer les plans sociaux et les fermetures d'entreprises, probablement à très grande échelle. C'est le propre de ce que l'on appelle «la destruction créatrice», ou «l'innovation destructrice». Le nouveau monde en germe ne prendra pas le relai de l'ancien monde, mais il s'y substituera ! C'est toute la difficulté de cette transition, et nous devons l'accepter. D'après des chercheurs de l'Université d'Oxford, ce sont 47% des emplois qui pourraient bien disparaitre ces vingt prochaines années ! Votre rôle, en tant que président de la République, votre seul et unique rôle, même, devrait être d'accompagner ce mouvement et de faire preuve de la plus grande pédagogie pour associer, avec enthousiasme, l'opinion publique à cette inéluctable mutation.

Monsieur le président de la République, je ne crois plus vraiment en votre capacité à agir avec grandeur sur tous les sujets que je viens de citer. Vous êtes un excellent tacticien, mais vous ne poursuivez aucune stratégie. Vous ne semblez être animé par aucun but supérieur, comme le voudrait votre fonction.

Il se trouve cependant que vous avez encore pour trois ans la responsabilité de conduire la destinée de ce magnifique pays, la France. A défaut de grandes réalisations audacieuses et courageuses, je vous propose de mener les 5 actions suivantes :

- Annoncez dès maintenant que vous ne serez pas candidat à votre propre succession. Vous serez ainsi soulagé de la pression que fait peser sur vous l'échéance de 2017 et pourrez vous consacrer pleinement à votre mission.

- Conduisez une réforme institutionnelle qui portera le mandat de votre successeur à sept ans, voire neuf ans, non renouvelable. La conduite des affaires de la France exige du temps, et nécessite d'être déconnectée de toute contingence politicienne.

- Renoncez à la réforme territoriale telle que vous vous apprêtez à la mener dans la précipitation. Les conséquences à long terme pourraient être désastreuses pour l'intégrité de la nation. Je vous propose plutôt de supprimer les régions, et de créer environ 40 «super-départements» autonomes.

- Osez supprimer l'ISF ! Vous enverriez ainsi un signal puissant à destination du monde entier, selon lequel la réussite et l'audace ne sont plus pénalisées en France, et que, quoi que vous ayez pu dire dans le passé, la France aime ceux qui réussissent !

- Et enfin, appropriez-vous personnellement l'une des initiatives les plus salutaires que votre gouvernement ait pu porter, mais que vous semblez avoir relégué au second plan : le concours mondial de l'innovation. Que la France est belle lorsqu'elle part à la conquête du monde !

Monsieur le président de la République, votre responsabilité est historique en cette période tourmentée. Les trois années qui sont devant nous sont essentielles pour la France. Nous n'attendons plus de votre part de l'éclat et de la flamboyance. Il vous appartient cependant de créer les conditions pour que votre successeur puisse le moment venu accompagner la France vers une nouvelle grandeur.

Monsieur le président de la République, je vous prie de recevoir l'expression de mon plus profond respect.

Rafik Smati

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