Il est une phrase d'apparence anodine que nos dirigeants politiques ont pris l'habitude d'énoncer, en particulier en période électorale : « Je suis allé à la rencontre des Français ». En prononçant ces mots, le candidat à une élection vise à persuader le citoyen de la proximité qu'il entretient avec lui. Il veut lui prouver qu'il connait intimement ses préoccupations, ses angoisses, ses doutes, ses frustrations... En d'autres termes, le gouvernant cherche à faire comprendre au gouverné qu'ils appartiennent au même monde.

Doit-on ainsi se féliciter qu'un dirigeant politique revendique « aller à la rencontre des Français » ? Je ne le crois pas. Une telle formule est même révélatrice d'un profond cynisme. Elle revient à admettre qu'il existe deux ensembles distincts et non inclusifs : la classe politique d'une part, et le peuple français d'autre part. De sorte que ceux qui appartiennent au premier ensemble ont parfois envie (ou besoin) de visiter le second ensemble pour le comprendre. Un peu comme s'ils allaient au zoo...

Une certaine classe politique (car il ne s'agit pas de stigmatiser tous ceux qui s'engagent, en particulier au niveau local) s'assume donc comme une caste qui vit en dehors de la communauté nationale. Nous sommes là aux antipodes de l'idée fondamentale de démocratie. Car si la France était une démocratie saine et mature, ses dirigeants politiques ne se vanteraient pas d'aller à la rencontre du peuple. Pourquoi ? Parce qu'ils émaneraient eux-mêmes du peuple ! Il faut avoir passé sa vie dans les couloirs de l'ENA, dans la haute administration et dans les ors de la République pour prononcer en toute désinvolture, comme récemment Emmanuel Macron à la foire de Châlons : « Je suis venu ici voir la vraie vie et les vrais gens »... A sa décharge, des mots comparables ont été prononcés par quasiment tous les candidats en lice pour la prochaine élection présidentielle, à commencer par Alain Juppé, le grand favori.

Tout l'enjeu de ces prochaines années consiste à bouter hors du jeu politique tous ces oligarques, pour lesquels la politique est un métier avant d'être un engagement. Aussi, le temps est venu d'unir nos forces, nous, citoyens de bonne volonté : les entrepreneurs engagés, les salariés du privé, les fonctionnaires qui osent casser les codes, mais aussi les dirigeants politiques de gauche comme de droite qui ne demandent qu'à repenser ce vieux système poussiéreux. Oui, n'attendez-pas de moi une affirmation catégorique de type « tous pourris » : seule une coalition société civile / élus expérimentés permettra de créer les conditions du renouveau.

La priorité de cette coalition sera de réécrire nos institutions pour créer les conditions d'une démocratie vertueuse : non cumul des mandats dans la durée, allongement du mandat présidentiel, systématisation du référendum... Ensuite, cette coalition aura la mission historique de refonder le pacte républicain, de rétablir l'ordre et la sécurité, en revoyant en profondeur les priorités budgétaires de l'Etat et des collectivités territoriales. Enfin, cette coalition devra créer les conditions fiscales et sociales pour permettre aux forces vives et à la jeunesse, de propulser avec enthousiasme et ambition notre Nation dans l'avenir.

Mes amis d'Objectif France et moi oeuvrons dans ce sens.

Rafik Smati

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